Interview photo de Mathieu Bourgeois

Mathieu Bourgois est un photographe portraitiste qui a photographié plus de 900 écrivains, dont Anna Gavalda, Hanif Kureichi, Alain Robbe-Grillet, Roberto Saviano , Antonio Tabucchi,…Mais ce n’est pas tout: au-delà du monde littéraire, il réalise aussi des portraits de musiciens, réalisateurs, comédiens, ou encore de grands chefs cuisiniers. Ses photos sont parues (entre autre) dans L’Express, Le Monde, Libération, Le Figaro, La Croix, Le Nouvel Observateur, Le Point, Elle, Vogue, Biba, Lire, Les Inrockuptibles, Le Figaro Magazine, Rockdelux, ou encore le Book Review du New York Times. Voici le portrait de ce photographe, pour comprendre et approcher au mieux son univers photographique.

Mathieu, peux-tu te présenter à nos lecteurs?

Je suis né en 1972 à Paris, et j’entretiens depuis l’âge de quatorze ans, une passion pour la photographie. Elle est née lors d’un séjour en colonie de vacances, ou j’ai pris mes premiers clichés. A seize ans, j’ai publié ma première photo, un portrait de l’écrivain américain William Burroughs. Quelques années plus tard, j’ai suivi la formation en photographie de la Parsons School of Design, pour obtenir en 1995 mon BFA (Bachelor of Fine Arts). Puis j’ai parcouru mon petit bout de chemin…

Qu’est-ce qui te paraît primordial dans l’exercice de la photographie ?

Sentir la photo et déclencher…Si le feeling avec mon sujet ne passe pas, impossible pour moi de faire ma photo. L’enjeu pour ma part est de révéler l’essence de mon sujet en lui faisant oublier l’objectif. J’aime saisir mon sujet hors de son environnement habituel, en lumière naturelle.

Tu es spécialisé dans le portrait d’artiste. Pour quelles raisons as-tu choisi ce domaine ?

Depuis quinze ans, je me consacre exclusivement au portrait. C’est assez simple, je n’aime pas le monde de la photo de mode et de la photo “people”. J’aime être seul avec mon sujet et ne pas avoir des équipes dans mon dos, qui me disent comment faire. J’ai été confronté à ce cas de figure lors d’une séance photo à Londres. J’ai travaillé avec une équipe de 5 personnes et avec cette configuration, c’était très compliqué de trouver une alchimie entre moi et la personne à prendre en photo. Pour moi, la mode est un monde étrange que je ne comprends pas tout le temps. J’aime avoir un vrai rapport humain et personnel avec les personnes que je prends en photo.

Parlons un peu matériel, tu travailles en numérique ?

Oui, depuis 2001. Après des années d’argentique (avec un Nikon F, 801 S et F4) je suis passé sur un Nikon D100. Depuis Avril 2009, je travaille avec un Nikon D3 et ça a vraiment changé ma vie de photographe. J’ai aussi un Olympus 35RC pour mes photos dans le métro et des vieux Polaroïd des années 50 et 70

Accordes-tu de l’importance à voir ce que d’autres photographes ou artistes font ?

J’aime beaucoup regarder le travail en noir et blanc de Gérard Rondeau et les photos de Frank Courtes.

Y-a-t-il d’autres domaines dans la photo qui pourraient t’intéresser dans le futur ?

Oui, la photo en 3D et le doux retour en Belgique du Polaroïd !

NDLR – Mathieu Bourgois a déjà eu l’occasion d’exposer:

En 1996, Clichés de New York chez Canon à Paris.
En 2002, Exposition a la Fnac de la Défense.
En 2002, l’Institut Lumière à Lyon lui a consacré une exposition « Portraits d’Ecrivains ».
En 2009, il a réalisé une exposition pour « Paris en Toute lettres »

Toutes les photos présentes ici sont la propriété de Mathieu Bourgeois.

Son site personnel: http://www.mathieu-bourgois.com/

Encore merci à Mathieu pour le temps qu’il m’a consacré 🙂

 

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