Interview photo de Johana Marchand

Hello Johana, peux-tu te présenter à nos lecteurs en quelques mots ?

Salut Clément ! J’ai bientôt 21ans, je suis étudiante en première année de kiné sur Marseille et j’habite près de Toulon.

Comment as-tu commencé à t’intéresser à la photo ?

J’ai toujours été intéressée de près ou de loin à la photo, et à l’art en plus général (dessin, peinture…). Dès mes 13 ans, j’ai eu comme toutes les filles de ma génération, un blog rempli de textes décoratifs et d’images. De là, j’ai commencé les « autoportraits » et j’ai découvert Photofiltre. Dans ma tête a commencé à murir l’idée d’avoir un réflex…

L’année de mon bac, en 2009, j’ai effectué un stage aux beaux arts de Toulon, et j’y ai récupéré Photoshop CS3, que j’ai pu commencer à apprivoiser en quelques mois à coup de tutoriaux provenant d’internet uniquement. 2 mois après, je suis parti à New York avec le lycée, et on peut dire que ça a été LA révélation. J’ai ressenti une immense frustration de ne pas avoir pu immortaliser ce que mes yeux ont pu y voir. L’envie du reflex était de plus en plus pressante.

L’été suivant, j’ai sympathisé avec un photographe amateur ayant du bon matériel et on a fini par s’associer le temps de l’été. Il faisait les photos et je m’occupais des retouches. Mais au bout de quelques temps, mes envies et mes idées divergeaient des siennes, et ma sensibilité ne collait plus du tout à ses photos. Un an après, après ma 1ère première année de médecine (P1), mes parents m’ont offert mon réflex ! Par manque de chance, je n’ai pas pu beaucoup m’en servir: il fallait se consacrer à cette foutue P1, que j’ai eu à la fin de l’année heureusement !

Quelles sont tes relations avez tes modèles ? Influencent-ils ta vision de la photo ?

Pour moi, il y a plusieurs mots d’ordre essentiels pendant un shoot : décontraction, humour, plaisir, complicité et CONFIANCE. On est là pour s’amuser, et pas pour faire la couv’ du prochain Vogue, donc pas de prise de tête. Certaines séances nécessitent une grosse préparation au préalable, ça me permet aussi de me rendre compte de l’investissement du modèle… Mais je n’ai jamais eu de déception jusqu’à présent, et je touche du bois ! Je garde de bons liens avec mes modèles, j’y ai parfois découvert de nouvelles amies !

Pour ce qui est de ma vision de la photo, si influence il y a, je ne m’en rends pas compte, ça doit surement être inconscient, de façon à m’adapter à la personnalité du modèle. On ne shoot pas une expérimentée et une novice de la même manière…

Parlons un peu technique, qu’utilises tu comme matériel photo ?

J’ai un Canon 550D, un 18-270mm qui prend la poussière de plus en plus, et un 50mm F 1.8. J’ai d’ailleurs une anecdote à ce sujet: ce 50mm a un défaut dont pourront témoigner toutes mes modèles, il me fait du front focus ! Donc je suis obligée de prendre 10photos pour en avoir une nette… Ça me vaut une bonne poignée de cheveux arrachés sur certaines prises de vues !

Revenons maintenant sur ton travail : comment te viennent les idées de tes mises en scènes ?

Je visionne énormément de photo sur Facebook ou sur le site book.fr, et il suffit d’un traitement, un genre de lieu, un type de modèle, un accessoire, un maquillage, un stylisme ou une ambiance pour me donner une idée à développer. En voiture aussi, vu que j’ai pas encore le permis, ça me permet de lever les yeux pour regarder ce que j’ai près de chez moi. Avec un zeste de culot, on arrive parfois à démarcher des endroits insolites ! En ce moment, il y a un clip, une pub et un film qui m’inspirent pour 3 projets qui murissent dans ma petite tête…Mais je ne t’en dis pas plus, pour le moment, ça reste SECRET ! 🙂

En observant tes photos, j’ai remarqué que ton travail est diversifié, mais dans quel style photographique te sens-tu le plus à l’aise ?

J’aime énormément le portrait. J’affectionne aussi énormément les séances grossesse et bébé, ce sont de supers moments, surtout quand on imagine le bonheur des parents en découvrant une nouvelle photo de leur progéniture. Le retour est différent d’un modèle « classique » et ça me touche énormément.

Après je ne peux pas dire le contraire, la lingerie, j’aime énormément et j’ai encore beaucoup d’envies et de lieux à exploiter ! Pour ce qui est des hommes, je n’en fais plus pour des raisons personnelles. Mais oui, on peut dire que j’aime pas mal de choses 🙂

Quel est ton plus beau souvenir en photo ?

Il y en a tellement ! Je vais plutôt parler d’un medley de petits moments… Le courage des filles qui posent dénudées devant la foule, qui se mettent à l’eau malgré les serpents (que je n’avais pas vu !) et le froid, qui se changent à la vue de tout le monde, qui grimpent je ne sais où pour assouvir mes folles envies, le bonheur de découvrir un lieu et ne même pas pouvoir réussir à parler tellement les idées fusent dans ma tête, les fous rires, les petits accidents des séances bébés… Et j’espère n’être qu’au début de mes meilleurs moments ! A suivre notamment, le tour de France de la photo 2012 qui s’arrête a Arles !

 

Si je te parle de futur, tu penses à quoi ?

Je pense à réussir mes études avant tout, c’est quand même le plus important, car pour le moment j’ai relâché la pression, pour me consacrer à mes photos, à tel point que j’ai dû organiser la révision de mes partiels la veille, avec double dose de Guronsan et nuit blanche ! Pas terrible.

Dans un second temps, repasser ce fichu permis, et évidemment arriver à démarcher les lieux et les modèles qui me font rêver pour pouvoir barrer les idées de mon petit carnet d’inspiration et de ma banque d’images !

Et pour un futur un peu plus lointain, avant même de réussir à rentrer dans mon école de kiné, j’avais en tête de transformer ma future salle d’attente en « expo permanente » avec des photos en rapport avec le sport, le soin, le bien-être, la rééducation… tout ce qui est en lien avec la kinésithérapie en somme !

Toutes les photos sont la propriété de © Johana Marchand

Pour découvrir le travail de Johana, voici sa page Facebook et son site book

Encore merci à Johana pour sa disponibilité et sa gentillesse 🙂

 

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