Interview du photographe Alex Chailan

Salut Alex, ravi de t’accueillir ici pour parler de ton travail !  Lors de nos échanges, tu m’as dit que tu venais de Nice, mais peux-tu te présenter à nos lecteurs ?

Salut Clément ! Effectivement je vis à côté de Nice depuis plus de 2 ans maintenant après avoir quitté Paris, ville dans laquelle j’ai vécu 30 ans. Du coup, si tu fais le calcul : j’ai 32 ans !

Comment es-tu venu à la photographie ?

Mon père a toujours eu des appareils argentiques Canon. Pour son 50ème anniversaire en 2005, j’ai voulu lui offrir un boitier numérique Canon, mais aucun de ses objectifs n’était compatible, alors après renseignement, le meilleur rapport qualité prix à mes yeux était un Nikon D70 avec le 18-70. Après lui avoir offert, se fut le déclic, je m’en suis pris un également 15 jours après pour avoir mon propre boitier. Puis ne sachant pas trop quoi photographier, je me suis orienté vers le Circuit Carole (circuit moto) qui était à 15 minutes de chez moi, pour commencer à faire de la photo d’action sur piste avec un petit 70-300 sigma, puis très vite j’ai eu des opportunités via l’association Esprit-Racing pour couvrir des événements, alors j’ai énormément investi dans du matériel pro très rapidement.

A quel moment as-tu décidé de faire de la photo ton métier ? Un choix difficile non ?

Lorsque j’étais convaincu que ce que je réalisais pourrait me faire vivre, je ne cherche pas à être millionnaire, j’investis beaucoup d’argent dans du matériel pour bosser dans de super conditions. Le choix est mathématique, si ce que je pouvais rentrer en argent couvrait au moins ce que je pouvais gagner avant, banco je me lance, je suis depuis 2007 photographe auteur.

Venons en à la technique. Au niveau post-production, tu bosses avec quoi ?

En post production, la plupart des images de photos de grille de départ en MotoGP sont out of the box, pour assurer l’expo si besoin, les photos sont en raw et j’ajuste si besoin avec CaptureOne Pro. Pour les photos de mode et la retouche cosmétique, je bosse sur Photoshop.

Plutôt Nikon ou Canon ?

Question intéressante, depuis 2 ans maintenant je ne travaille exclusivement qu’au moyen format Digital pour tout ce qui est shooting pub, catalogue etc. Pour l’action, j’ai toujours du Nikon, je viens de vendre mon D3 (comme tu le sais :p NDLR: C’est Alex qui m’a vendu son D3) et mon D300 pour un D800e car je ne fais presque plus de photo en 24*36.  Du coup, j’ai juste 1 boitier en backup du MF, qui me suffit quand je shoot seul. Avant j’avais un Mamiya DM22, très bon rapport qualité prix pour entrer dans le monde du MF, mais obligé de bosser en mode connecté avec une plage iso réduite (25-100 isos). Depuis février j’ai un partenariat avec la marque PhaseOne, et de ce fait je suis équipé avec un IQ140 et là c’est vraiment un autre monde ( mais ce n’est pas le même budget non plus).

J’ai vu sur ton site, le sigle AD: A pour Alex, et D pour David. Vous êtes associés ?

Effectivement, je travaille avec mon collègue David depuis 4 ans maintenant. Nous avons la même vision de la photo c’est pourquoi naturellement nous nous sommes mis à travailler ensemble. C’est vraiment un plus non négligeable lors des shootings car nous nous connaissons vraiment bien, si un tel ou un tel est à la lumière ou avec le boitier, on sait d’avance ce que ça va donner. De plus, tout notre matériel est doublé.

J’ai vu que tu faisais pas mal de photos de sport, notamment de moto. C’est un milieu qui t’attire pour quelles raisons ?

C’est par là que tout a commencé pour moi pour la photo, pourtant je ne connaissais rien à ce milieu, je trouvais juste sympathique de faire de la belle photo de piste. Actuellement je n’en fais quasiment plus, uniquement sur commande pour des angles spécifiques. Ce que l’on propose depuis 3 ans en MotoGP est une nouvelle façon de faire de la photo, là où la plupart font de la photo d’actualité, nous nous utilisons constamment une lumière avec un générateur autonome, ce qui permet d’avoir un rendu type studio alors que finalement nous faisons avec ce que le sujet nous offre. (pour les photos de grilles de départ et dans les box par exemple)

Depuis 2 ans nous travaillons pour la Dorna qui est l’organisateur du championnat du monde MotoGP, donc naturellement nous évoluons avec différents acteurs du paddock, et certains nous permettent de travailler sur d’autres événements à l’opposé du MotoGP.

Hormis le sport, tu fais aussi de la photo de mode. Tu penses que c’est important dans la photo d’explorer plusieurs domaines ?

Effectivement, c’est un point important d’explorer plusieurs domaines. Si on prends l’exemple de l’éclairage, cela permet d’appliquer certaines choses que l’on fait dans d’autres domaines et d’avoir ce petit truc en plus qui nous plait et aussi pour proposer quelque chose de différent au client.

Pour passer d’un extrême à l’autre, par exemple on doit être les seuls photographe en MotoGP à avoir fait la couverture et 10 pages dans Playboy Italie. C’est ce qui nous caractérise, nous ne sommes pas fermés qu’à un seul type de photo et sommes capable de fournir du travail soigné dans différents domaines.

Une petite anecdote ou un moment photo à nous raconter ?

J’en ai quelques unes !… La dernière en date fut la promotion de notre travail le mois dernier de la part de Jorge Lorenzo (champion du monde MotoGP et pilote officiel Yamaha) via sa fanpage sur Facebook ainsi que Twitter alors que l’on ne le connait pas plus que ça. Il a adoré une photo que l’on a fait lors de la mise en grille MotoGP (cf photo ci-dessous) et depuis, à chaque course, dès qu’il nous voit, un petit clin d’oeil pour nous indiquer qu’il est prêt à ce mettre en position devant sa moto et nous avons juste à faire la photo.

Quels sont tes projets d’avenir ?

Continuer encore et toujours notre développement que se soit dans le paddock MotoGP ou dans d’autres secteurs.

Le mot de la fin ?

Toujours croire dans ce que vous faites, rien est impossible. Nous travaillons pour Monster Energy. Il y a 2 mois j’ai dis à David « tu crois pas que l’on pourrait faire un shooting avec Michael Shumacher ? » . Il a rigolé sur le coup. Finalement 1 mois après, nous l’avons réalisé avec un burn sur un Yamaha r1 🙂

Je tiens encore à remercier Alex pour avoir joué le jeu de l’interview, et pour nous avoir permis d’en savoir un peu plus sur son travail !
Son portfolio en ligne est disponible à cette adresse : http://www.photos-ad.com/

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